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Historique de notre relation avec la Roumanie
03/03/1988 - Nicolae Ceaucescu, alors président de la République Socialiste de Roumanie mandate chaque département (Judetul) du pays pour relancer* le « plan de systématisation » des villages roumains. *Le projet initial date de 1974
23/01/1989 – lancement, à Bruxelles, de l’Opération Villages Roumains par Paul Hermant L’Opération Villages Roumains a pour but de préserver, dans la durée, les villages roumains et leurs habitants et de servir de bouclier aux personnes qui, de Roumanie, dénoncent le plan de systématisation et ses implications.
18/05/1989 – Gérard Deprez, député européen belge et président du PSC, est battu par la milice alors qu’il tente de rencontrer Doina Cornéa à son domicile de Cluj-Napoca. Dans les jours qui suivent, la Belgique rappelle son ambassadeur.
1989 – Chute du régime totalitaire en Roumanie
1990 - Dès la chute du régime communiste de nombreuses communes belges et d'Europes occidentales organisent des convois "humanitaires" vers les villages roumains.
1991 – Premiers ateliers de la démocratie de Timisoara
199X – Création des coordinations nationales de l’Opération Villages Roumains
2006 – Création de Partenariat Villages Roumains asbl
2009 – Le mouvement de citoyenneté lancé en 1989 à 20 ans.
En quoi consistait le « plan de systématisation »
Le 3 mars 1988, lors de la Conférence nationale des Présidents de Conseils Populaires, le président Nicolae Ceausescu annonce son intention de relancer la programme de « systématisation des localités rurales » existant depuis 1974. Ce programme prévoit de réduire de façon radicale le nombre de villages à 5 ou 6.000 sur les 13.000 existants à cette date.
La systématisation des villages roumains constitue la dernière phase d’un programme global de transformation radicale de l’ensemble de l’habitat de la Roumanie, aussi bien urbain que rural.
Comment ?
En reconstruisant les villes selon un modèle unique avec pour point central des « centres politico-administratifs » regroupant les bâtiments officiels autour d’une place suffisamment grande pour contenir les foules conviées à manifester. Autour de ce point central, l’habitat est concentré en cités de type HLM construites, éventuellement, sur le site des anciens quartiers rasés. Bucarest et d’autres villes roumaines ont déjà été victimes de cette pratique. L’essentiel du centre historique a été rasé à partir de 1984 et des dizaines d’habitants chassés des quartiers démolis.
En faisant disparaître l’habitat rural traditionnel avant l’an 2000, en :
Pourquoi ?
Officiellement, ce programme de systématisation est justifié par le souci de récupérer des terres arables. Cependant, non seulement les chiffres avancés sont dérisoires au regard de la superficie agricole totale, mais ils semblent correspondre à une réappropriation par l’Etat d’une partie des lopins individuels ou des terres agricoles.
Le second argument est la nécessité de moderniser les conditions de vie à la campagne. Cet argument est cependant démenti car la majorité des appartements nouvellement construit en milieu rural ne disposent ni d’eau courante, ni de moyens de chauffage, ni d’installations sanitaires (cuisines collectives et toilettes dans la cour).
L’objectif réel de l’opération est sans doute ailleurs. Il s’agit de faire en sorte que les paysans-coopérateurs ou agriculteurs privés perdent en même temps leurs maisons individuelles et leurs lopins ou terrains privés, soit le peu qui leur restait d’indépendance économique vis-à-vis du pouvoir. Il s’agit aussi d’en finir avec la paysannerie insuffisamment contrôlée qui jusqu’à ce moment à préservé l’essentiel de son identité propre à travers ses traditions culturelles, son patrimoine, ses relations sociales et ses solidarités basées sur des liens communautaires traditionnels, tels que la famille, le voisinage, l’ethnie, etc. C’est aussi le renforcement de l’emprise du Parti sur la société et la recherche de nouveaux moyens de contrôle et de répression. Le but ultime est d’aboutir sous le prétexte de « réduire les disparités entre villes et campagnes » à une homogénéisation aussi parfaite que possible de la société roumaine, à la « création du peuple unique ouvrier de Roumanie ».
Extraits de « Société civile et devoir d’ingérence » Editions « Z » - Septembre 1989. |

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